Révision de la LPP

Publié le par gauche valaisanne alternative

7 mars 2010

Non à l'appauvrissement des rentiers moins favorisés: non à la révision de la LPP.

 

Ainsi nous sommes appelés à voter le 7 mars prochain sur une baisse du taux de conversion dans la prévoyance professionnelle: cette mesure ouvre la porte à une diminution des rentes du deuxième pilier.

La GVA défend l'idée d'un premier pilier renforcé d'environ 4000 francs par mois assurant également à tous une retraite suffisante. Elle estime que le deuxième pilier est branlant, étant inégalitaire et fragile du fait de sa dépendance par rapport aux marchés financiers. Les espoirs d'augmenter le contrôle des salariés sur l'économie par le biais de leurs caisses de pension se sont avérés plus qu'illusoires. Et les remises en question auxquelles nous sommes aujourd'hui confrontés sont liées au système du deuxième pilier, alors qu'un système fonctionnant sur le modèle de l'AVS permettrait de les éviter.

Il est pourtant évident que dans le contexte actuel, il est indispensable de se battre pour empêcher la baisse du taux de conversion. Les rentes du deuxième pilier sont déjà basses dans de nombreuses professions. Avec un système où l'AVS est minimale et où il faut compter sur le deuxième pilier pour maintenir un revenu correct (l'article 113 de la Constitution parlant même de"maintenir de manière appropriée (le) niveau de vie antérieur"), une baisse des rentes du deuxième pilier suite à la baisse du taux de conversion rendrait la vie difficile aux rentiers moins favorisés. Depuis 2005, des mesures ont déjà été prises pour abaisser le taux de conversion et on ne voit pas pourquoi il faudrait encore en ajouter. Une partie de la réponse est assurément dans le fait qu'en Suisse la moitié du deuxième pilier est aux mains de compagnies privées qui veulent maintenir ou accroître leur marge, mais une assurance sociale n'existe pas pour les profits de l'économie privée. Et si l'on fait valoir les récentes contreperformances boursières, il ne faut pas oublier que la situation peut se rétablir (ce que les chantres du libéralisme doivent d'ailleurs croire) et avec un taux de conversion abaissé ce sera tout bénéfice pour les assureurs privés. Quant au fameux argument du vieillissement de la population, on connaît le rôle qu'il joue aujourd'hui dans les campagnes néolibérales pour affaiblir la prévoyance vieillesse solidaire et augmenter globalement la part du capital par rapport à celle du travail. Même si le vieillissement est réel, il n'est pas certain qu'il pose autant de problèmes qu'en mentionnent les idéologues libéraux. D'autre part les mesures prises depuis 2005 s'occupent déjà de la question. Enfin, même si le problème était aussi sérieux qu'on le dit, on pourrait envisager une autre solution que la baisse des rentes: une augmentation des cotisations refusée par les employeurs qui devraient payer leur part.

Pour la GVA, l'engagement résolu pour mettre fin à l'érosion du deuxième pilier est absolument nécessaire, et tout particulièrement pour les personnes à bas revenus. Selon nous, il serait à l'avenir utile de se battre pour retirer l'ensemble du deuxième pilier au secteur privé pour le confier exclusivement à des organismes sans but lucratif. Ce premier pas favoriserait par la suite et à terme l'intégration du deuxième pilier dans le premier pilier renforcé que nous appelons de nos voeux.

En conséquence, avec les autres forces syndicales et politiques unies pour ce combat, la GVA appelle à dire clairement et fortement NON le 7 mars prochain à la révision (injuste et inutile) de la Loi sur la LPP.

 

                                                            GVA (Gauche Valaisanne Alternative) 

Publié dans Travail

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